Elle parlait sans s'arrêter, et de petits oiseaux virevoltaient au bord de ses lèvres pour babiller gaiement sans se soucier de ses mots.
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Elle parlait sans s'arrêter, et de petits oiseaux virevoltaient au bord de ses lèvres pour babiller gaiement sans se soucier de ses mots.
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Vous êtes invités à une soirée. Vous savez que vous allez revoir des gens que vous n’avez pas vu, allez, depuis dix ans. Vous arrivez, vous ne connaissez personne. Vous balayez l’assemblée du regard, et immédiatement, vous repérez un visage. Lui ou elle n’a plus rien à voir avec celui ou celle que vous avez connu, les traits sont différents mais le visage a gardé un éclat, un élan que vous reconnaissez tout de suite. Vous vous élancez vous aussi et la magie s’opère, le lien continue, comme si de rien n’était, comme si le temps n’avait été qu’une virgule sans importance.
Je suis arrivée par hasard dans une rue près de la Place Fondane, où j’ai pu lire sur une plaque :
Benjamin Fondane, poète et philosophe, Jassy 1898, Auschwitz 1944
« Souvenez-vous seulement que j’étais innocent et que, tout comme vous, mortels de ce jour là, j’avais eu, moi aussi, un visage marqué par la colère, la pitié, la joie, un visage d’homme tout simplement. »
http://www.youtube.com/watch?v=hmmnND8059Q
Il aimait autant les femmes pulpeuses, aux courbes généreuses, blondes, visage poupon, cheveux décolorés, petit nez retroussé et tenue sexy au décolleté profond découvrant leur peau diaphane, que celles à l'allure masculine, pantalon et tee-shirt ne laissant deviner qu’une silhouette athlétique, le corps à la limite de l’androgynie, sans aucune trace de rondeurs, le visage franc, émacié, presque sévère, la démarche assurée, accusée et volontaire. Ces deux aspects lui plaisaient, un peu comme on peut aimer les deux pôles de la terre, car ils faisaient sans doute appel à deux sources contraires de sa personnalité qui devaient composer, somme toute, son identité dans une certaine complémentarité. Ainsi pouvait-il aller de l’une à l’autre comme on vogue des flots tumultueux à une mer calme, mais avec le même vaisseau, le même capitaine, et aimait-il aborder selon son humeur, l’une ou l’autre des deux rives...
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"Je ne sais pas ce que je vais devenir. Peut-être rien." Mais curieusement cette pensée la faisait sourire, évoquant un étirement du temps, ou une magnificence de l'instant, l'air qui circule dans la chair comme ferait le vent avec un pétale de chardon.
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Et voilà que la douleur ressurgit comme un chien suit son maitre et cherchant tout autour n’importe quel élan ou signe de l’amour.
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Le vieil homme avait quelque chose de touchant, les jambes dénudées dans un short ajusté, la joie sur son visage, il était comme un conquérant face au monde et ses rides et marques de l’âge étaient autant de traces visibles de sa vie, passée sans doute à lui rendre hommage.
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Il était assis au bord du quai, son violon bien serré, lui faisant déclamer les notes. Toutes voulaient s’en échapper, les aiguës, les graves, bons ou mauvais accords volaient autour de lui comme des pointillés de lumière avec lesquels il jouait, simplement, il jouait.
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Un feston séparait le ciel bleu du ciel gris. Les cheminées s'acheminaient vers lui, et dessus l'une d'entre elles, un oiseau, attendait...
Il m’avait offert une rose rouge. Il y a longtemps qu’un homme ne m’avait pas offert de fleur. Je lui ai dit pendant que nous tournions sur la piste de danse. Avec la rose rouge, le vendeur m’a proposé d’en choisir une autre. J’ai pris une blanche. Je les ai mises dans un vase tout de suite en rentrant chez moi, l’une à côté de l’autre. Et je les ai regardées chaque jour. On dit que nous avons un pouvoir sur les choses. Les ai-je observées de la même façon ? Peut-être pas, parce qu’aujourd’hui la blanche est fanée, et la rouge encore vive, éclatante de ses couleurs...
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